L’incomprise, l’enfance retrouvée

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Asia Argento revisite les coulisses d’une enfance malheureuse, caractérisée par la recherche d’une considération de la part des autres. Une histoire inspirée de son vécu, mais inspirée seulement (point sur lequel la réalisatrice insiste au cours de différentes interviews). Ce film est l’occasion pour elle de dire au revoir à sa carrière d’actrice, pour se consacrer à la réalisation, mais également de retrouver Charlotte Gainsbourg, qu’elle rêvait de mettre en scène depuis leur rencontre lors du tournage de Do Not Disturb, d’Yvan Attal, en 2012.

Dans ce film aux milles couleurs de l’enfance, le talent de la jeune Giulia Salerno explose dans l’interprétation d’Aria, jeune fille inventive qui supporte une vie difficile, envoyée sans cesse du domicile de sa mère à celui de son père, et vice versa. Une atmosphère qui n’est pas sans rappeler celle que présentait François Truffaut en 1959, lorsqu’il réalise Les 400 coups. Rejetée par des parents égocentriques et des amis cruels, la petite Aria trouve refuge auprès un chat noir qu’elle trouve dans la rue, et décide de ne plus quitter. Cette histoire ouvre des portes infinies à la mise en scène, dont Asia Argento sait tirer profit avec lyrisme et créativité. La dureté du quotidien d’Aria disparaît presque dans l’univers coloré qu’elle s’est créé, et qui donne au film un ton sans pareil. On est là dans le culte de l’enfance, qu’elle soit triste ou heureuse, c’est la célébration d’une période de la vie où tout est possible. Tout est tellement possible que le film frôle sans cesse des situations créant de l’angoisse chez le spectateur. Tel un chat sur le rebord d’une fenêtre, Aria joue avec le danger dans une innocence déconcertante. On ne peut que s’agenouiller devant cette petite fille, qui malgré ses milles qualités semble invisible aux yeux de son entourage.

L’histoire d’Aria est celle de tous ceux qui sont oubliés. Et malgré la dureté qu’on peut attribuer à sa narration, le film sublime cette histoire avec une légèreté insouciante qui nous manque parfois… Un hymne engagé pour l’enfance.

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