YOUNGER : rien ne remplace Sex And The City

Younger-Saison-1

Darren Star a fait son grand retour sur le petit écran avec une nouvelle série Younger, qu’on peut classer dans la lignée de Sex and The City (produite également par Star).

Liza, mère célibataire de 40 ans fraichement divorcée cherche du travail après 25 ans de bons et loyaux services en tant que mère au foyer. Une pause qu’elle paye cher car personne ne veut engager une femme de 40 ans qui ne connait rien de Twitter et Instagram. Lors d’une sortie dans un bar de Manhattan, elle se fait draguer par Josh, un tatoueur de 26 ans qui pense que Liza a le même âge que lui. Cela lui donne une idée : se faire passer pour une fille de 26 ans pour trouver du travail et recommencer à zéro.

La série démarre fort, avec un pilote de 21 minutes où Liza met sa maison en vente, rencontre l’homme parfait, se rajeunie de 15 ans, trouve du travail et rencontre sa nouvelle BFF (best friend forever) Kelsey (Hilary Duff). Vraiment dommage qu’avec ce nouveau concept, la série ne prenne pas le temps d’installer correctement l’action. A la manière du pilote de The Client List, Younger nous donne toute la recette sans aiguiser notre curiosité. On s’attend à ce qu’un soin soit donné à la préparation de cette quarantenaire qui se transforme en jeune fille du 21ème siècle. Hors, les préparatifs se limitent à un trait de crayon noir et une liste de références adolescentes qui ne correspondent même pas à la génération des 26 ans (je sais de quoi je parle) ! Depuis quand les jeunes de 26 ans actuels écoutent One Direction ? Est-ce moi qui est loupé une étape ? La série présente un tableau bien négatif de la jeunesse, caractérisées par des goûts et des hobbies limités. Comment Younger peut-elle prétendre à transformer une quarantenaire en fille de 20 ans avec de tels préjugés ! Car si je résume ce pilote, les jeunes filles d’aujourd’hui voyagent en Inde, se font un maillot intégral, s’aplatissent devant leur mec et citent Taylor Swift… Après Sex And The City, bonjour le féminisme Darren Star ! On est loin, très loin même, du caractère novateur de la série phare du producteur, où on discutait de sexe librement. Younger se veut libéré parce qu’elle traite d’un sujet houleux et nouveau (pas si nouveau que ça quand on pense à Desperate Housewifes etc), mais floute l’apparition d’une poitrine !!

Ce défaut de discours est accentué par la forme de la série, expédiée et superficielle. On retrouve le format 20 minutes de SATC, et le générique raccourcis façon Girls. Dommage que ces 20 minutes soient mal exploitées, car on a l’impression que la saison est découpée en épisodes uniquement pour la diffusion, et qu’aucun choix scénaristiques ne sont fait pour cadrés ces épisodes. Ici, aucune place n’est laissée à la psychologie et au développement des personnages. Il s’agit de débiter le plus de répliques possible et de mettre des images pétillantes et glamours pleins les yeux du spectateur pour lui éviter de penser. Là où SATC excelle Younger s’essouffle. Et je le répète, c’est dommage. La série offre un nouveau sujet, moderne, social et divertissant, le tout dans le cadre idyllique de Manhattan qu’on se plait toujours à retrouver depuis SATC, mais elle est trop pressée. On sent le désir de plaire au spectateur à tout prix en le bombardant de rebondissements irréalistes pour qu’il ne zappe pas.

Il est grand temps que les séries aient confiance en leur téléspectateur, grandement capables de regarder des programmes sans s’abrutir, lorsque ces programmes sont de qualité. Quelles sont les séries qui fonctionnent le mieux en ce moment ? Breaking Bad, True Detective, Game of Thrones, dans un genre plus glamour Girls et Orange is the new black. Est-ce que le succès de ces séries est dû à ce que nous propose Younger ? Non, parce qu’elles respectent les spectateurs et stimulent leur curiosité.

Younger n’est donc pas un chef oeuvre mais se laisse regarder grâce à son format court et ses rebondissements new-yorkais qui nous rappellent le bon vieux de temps de Sex And The City. C’est donc par nostalgie que vous tomberez dedans comme moi. Mais il faut le dire, la série offre un index très complet des nouveaux moyens de communication. Sans prendre parti (est-ce bien/est-ce mal ?), la série rend compte du monde numérique dans lequel nous vivons, et de l’alienation des jeunes aux nouvelles technologies.

younger

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