DADDY COOL : he’s crazy like a fool

Daddy Cool, premier film de la réalisatrice américaine Maya Forbes, offre une chronique so seventies d’une famille dont le père (joué par Mark Ruffalo) est maniaco-dépressif. Une histoire inspirée de la vie de la réalisatrice, dont le père était atteint de cette maladie, et dans lequel elle a souhaité que sa fille interprète « son rôle ».

daddy cool

Dès les premières images, et sans connaitre le lien avec l’histoire personnelle de la cinéaste, on ressent le film comme empreint d’une grande nostalgie. Le personnage de Cam (Mark Ruffalo) filme beaucoup sa famille, ce qui donne lieu à des séquences au style très vintage, dans lesquelles les couleurs et la lumières créent un univers oniriques. On ressent bien ici le regard attendri et autoréflexif que la réalisatrice porte sur sa propre enfance. Cette proximité entre fiction et réalité se vérifie également dans la fluidité avec laquelle les acteurs interprètent leurs personnages. Nous ne sommes pas face à des héros ou des personnages à l’essence cinématographique forte, mais face à une famille, ordinaire peut-on dire, dont l’histoire valait le coup d’être racontée. En surface, le film parle d’un maniaco-dépressif, mais le film va plus loin qu’un symptôme et n’enferme pas la narration autour de lui, comme le cinéma a souvent tendance à le faire. Daddy Cool humanise la dépression, nous montrant ses meilleures et pires phases, et offre ainsi une nouvelle image du bonheur.

Cette dépression, dont Cam n’arrive pas à sortir, va de paire avec la crise que traverse les Etats-Unis à ce moment là. Au-delà d’une chronique familiale, le film pose un regard sur une époque, marquée par les retombées de la révolution des années 60 où l’euphorie collective dirigeait le monde. Cam est victime de cette brusque chute, qui le fait plonger dans une mélancolie semblable à celle qu’on peut ressentir à la fin d’un tripe. Mais les principales victimes restent les enfants, éternels payant des dettes du monde des adultes (c’est mon côté pessimiste). On parle peu des retentissements de 68 sur l’éducation des enfants, préférant mettre en avant un glamour vintage style Woodstock peace and love. Le film montre la difficulté d’élever les enfants à cette période, d’être des figures d’adultes responsables et protecteurs pour eux. Il met aussi en avant le changement de rapport entre les générations.

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Daddy Cool est un film personnel et juste, qui crée un lien entre l’individu et le collectif à travers les symptômes de la dépression. Cette dépression offre beaucoup plus qu’un simple portrait de malade, mettant en lumière la folie d’une société marquée par ses idéaux et ses contradictions.

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