WHILE WE’RE YOUNG

Le cinéaste de Frances Ha (mon coup de cœur 2013), Noah Baumbach, est de retour avec While We’re Young, une nouvelle comédie dramatique new-yorkaise aussi inventive et actuelle.

Josh (Ben Stiller) et Cornelia (Naomi Watts), tout deux dans le milieu du cinéma documentaire, forment un couple heureux de quarantenaires, malgré le fait que leur désir d’avoir un enfant n’ait pas été comblé. Ils rencontrent un jeune couple, Jamie (Adam Driver) et Darbie (Amanda Seyfried), adeptes du self-made et des objets vintages. Attirés les uns vers les autres par une admiration réciproque, les deux couples se lient d’amitié et passent beaucoup de temps ensemble. Une nouvelle qui inquiètent les amis de Josh et Cornelia.

while we're young boys

Le film met bien en avant la rencontre choc de deux générations, marquées par 20 ans d’écarts. L’admiration mutuelle qui naît entre les personnages, et principalement entre Josh et Jamie, montre les préoccupations correspondants à l’âge de chacun des personnages. Josh a passé le cap des quarante ans, il est donc au carrefour de sa vie d’homme et de cinéaste, et se sent valorisé par la spontanéité et l’intérêt que lui porte Jamie. De son côté, Jamie est un réalisateur en devenir, désireux d’apprendre de l’expérience de Josh. Cette admiration mutuelle offre également une représentation miroir des deux couples, comme si Jamie et Darbie étaient la représentation de Josh et Cornelia jeunes. D’ailleurs, à plusieurs reprises dans le film, la place de chacun change dans le couple, et les personnages se confondent. Le mode de vie du jeune couple accentue cet effet miroir, car ils vivent comme s’ils étaient dans les années 80’s – ils fabriquent tout eux-même, écoutent des vinyles, écrivent à la machine à écrire, et résistent à la facilité de tout cherche sur leur smartphone. Josh et Cornelia, au contraire, sont adeptes des nouvelles technologies, toujours connectés. Cet effet miroir renverse donc les caractéristiques des deux générations, et crée une sorte de faille spatio-temporelle.

Côté forme, le film reste fidèle au style de Noah Baumbach. La photographie épouse à la fois un style vintage et moderne pour mieux représenter la dualité générationnelle. Et comme toujours dans les films qui se passent à New York, la ville est un personnage en soi. On se plait à partager la vie urbaine des 4 protagonistes, rythmée par des activités aussi diverses qu’étranges, comme une séance de spiritisme vomitive qui restera dans les mémoires.

while we're young

Le bonus du film est la réflexion qu’il offre sur le cinéma documentaire. En tant que cinéphile, c’est toujours un bonheur de voir un film qui parle de cinéma. Cet auto-regard est toujours constructif et donne une grande inspiration pour les jeunes créateurs. Toute une réflexion est donnée sur l’éthique du documentaire, dans lequel on porte une grande importance au processus d’enquête et de réalisation. Avec les nouvelles technologies, les nouvelles générations prennent beaucoup moins en compte la valeur de l’information. L’époque dans laquelle nous vivons donne l’impression qu’on peut tout faire comme on le souhaite, et c’est ce manque d’éthique que critique Noah Baumbach.

Noah Baumbach affirme sa place et son style cinématographique, qu’on apparente souvent à celui de Woody Allen. Moderne, drôle et cinéphile, While We’re Young est le film à voir cet été !

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