SHOKUZAI : la vierge, le soldat, l’ours et la mère.

Shokuzai est un diptyque réalisé par Kiyoshi Kurosawa, adaptaté d’une mini-série de 5 épisodes, elle-même adaptation d’un roman écrit par Kanae Minato. Arte diffusait le film la semaine dernière, l’occasion pour moi de découvrir enfin ce chef d’oeuvre qui m’était passé entre les doigts lors de sa sortie en salle.

Shokuzai

Pitch : Quatre petites filles assistent au meurtre de leur amie Emili, mais sont incapables d’identifier le meurtrier. La mère d’Emili, Asako (Kyoko Koizumi) tient les 4 enfants pour responsables, et leur fait promettre de faire pénitence tant qu’elles n’auront pas expié leur faute ou aidé un autre enfant. Le film est découpé en 4 parties qui montrent comment les jeunes filles vont, chacune, tenir cette promesse.

Le film cultive un mystère très prégnant, dans lequel se mêlent de nombreuses thématiques comme celle, très japonaise, du devoir. Le découpage de l’histoire permet d’aller plus loin qu’une simple intrigue policière, car il met en avant les conséquences du drame sur les quatre jeunes filles. Chacune vit à sa manière l’après-drame : Sae n’arrive pas à grandir car le drame a empêché l’arrivée de sa puberté, Maki devient forte et veut rendre justice, Akiko est renfermée sur elle-même face à un frère violent, et Yuka est obsédée par la figure du policier.

shokuzai 2

A travers ces quatre portraits, c’est quatre visions de la jeune fille qui nous sont livrées, caractérisées par deux dualités : virginité/maternité et force/faiblesse. Le film montre comme la jeune fille est prise dans un entre-deux, adulée pour sa figure aussi innocente que sexuée. Le drame qu’elles ont vécu ne fait qu’accentuer ces traits caractéristiques, faisant d’elles un quatuor composé d’une vierge, un soldat, un ours et une mère. Ce diptyque aurait eu une place d’honneur dans le cycle La jeune fille du Forum des Images, car il illustre toutes les thématiques abordées lors des cours de cinéma.

Kiyoshi Kurosawa nous offre un bonheur visuel, dont l’esthétique souligne l’ambiance pesante et mystérieuse. Chaque plan est le fruit d’un travail médité, où les formes filmiques (effets flous, profondeur de champ, éclairages…) sublime l’intériorité des personnages. Et Kyoko Koizumi et ses partenaires féminines rayonnent à l’écran d’une beauté bouleversante propre au raffinement japonais.

shokuzai

Raffiné, féminin et énigmatique, Shokuzai, Celles qui voulaient se souvenir et Celles qui voulaient oublier est le diptyque à ne pas manquer.

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