FLORIDE, le voyage d’un homme.

Après le fantastique Alceste à bicyclette, Philippe Le Guay est de retour avec une adaptation très inspirée de la pièce de Florian Zeller, Le Père.

Floride

Pitch : Claude (Jean Rochefort) a 80 ans et n’a plus toute sa tête. Il a de nombreux oublis et requiert une présence quotidienne dans sa grande maison. Sa fille, Carole (Sandrine Kiberlain), jongle entre son poste de direction dans l’entreprise familiale et les allers-retours chez son père, pour régler des différends avec sa dame de compagnie.

Le film nous offre un portrait réaliste et émouvant de la vieillesse, à travers trois temps narratifs : le temps présent, le passé, et les rêves. C’est la combinaison de ces trois temps, et le rapport qu’ils entretiennent, qui fait la personnalité de Claude. Comment le passé s’infiltre dans le présent à travers des sensations répétitives et des rêves. Le Guay joue la carte du flash-back classique, déclenché par des impressions de déjà-vu du personnage, qui lient deux drames marquant de sa vie. Une importance est donnée aux détails qui rythment la vie de Claude, et qui sont propres à son grand âge. Se lever, prendre ses médicaments, manger, se laver, se changer, autant de gestes primaires durant la vie, qui un jour demande une réelle attention. Comme un rappel de la nature sur notre véritable condition. Comme une préparation du corps et de l’esprit avant le dernier instant de vie…

C’est une vision frontale de la mort qui nous est livrée, d’une part par la condition de Claude, d’autre part par son rapport au temps et à la mémoire. La vieillesse des autres nous placent face à la notre, face à la vanité de notre propre existence, et c’est pour cela que ça nous émeut et nous angoisse. La mort prend différentes formes au long du film, mais ne plonge pas le spectateur dans la mélancolie. Au contraire, cette fin attendue de la vie ne fait que la rendre plus belle, plus précieuse. Claude est devenu un personnage double en vieillissant, tantôt conscient, brillant et drôle, tantôt fatigué, colérique ou triste. Une palette d’émotions qui fait toute la richesse des être humains, et que Jean Rochefort incarne à la perfection. Je retiendrai notamment son appel à la révolution sexuelle, lorsqu’il hurle dans un restaurant : « Personne ne baise dans ce pays ! ».

L’obsession de Claude pour la Floride est symbolique de tout cela, et plus encore d’un des deux grands drames de sa vie, qu’il a décidé d’enfouir au plus profond de lui. La Floride agit comme une rengaine, un symbole de son symptôme qu’il va matérialiser pour rencontrer la vérité (on appelle ça le MacGuffin – un objet symbolique qui guide la narration du film, sans jamais véritablement intervenir). Et, au-delà de ses souvenirs, cet intérêt pour la Floride peut être compris comme une métaphore du voyage initiatique qu’il est entrain d’achever.

Floride le film

Tendre, drôle et vrai, Floride m’a ému aux larmes, et j’espère qu’il vous plaira autant qu’à moi.

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