GREY’S ANATOMY, SCANDAL, MURDER : le retour des gladiateurs !

Les gladiateurs de Shonda Rhimes sont enfin de retour ! Jeudi soir, ABC a dédié une soirée spéciale à la showrunner la plus influente d’Hollywood, avec les épisodes inédits de Grey’s Anatomy, Scandal et How to get away with murder. L’occasion pour moi d’écrire un article sur ces univers palpitants, bien plus riches que de simples soaps.

Shonda Rhimes

Il est vrai que la formule se répète, et que les 12 saisons de Grey’s Anatomy sont marquées par une répétition formelle qui enferme la série dans la catégorie du soap. Démultiplication des histoires d’amours, abus de pathos, décès, départs et arrivées de nombreux personnages, la série met tout en oeuvre pour acquérir une forme d’immortalité. Mais n’est-ce pas ce qu’on demande aux séries télévisées ? Traduire le quotidien tout en nous donnant un moment d’évasion, cela à travers la sublimation du réel par un format de représentation. Si Grey’s Anatomy perdure, c’est parce que le programme a su répondre à un désir fort du public, qui s’est énormément attaché aux différents personnages. Je continue à regarder cette série après 10 ans parce que Meredith Grey est devenue une amie, un soutien, un rendez-vous hebdomadaire que je ne peux plus manquer. Le but d’une telle série n’est pas de tenir en haleine le spectateur (comme c’est le cas avec Game of Thrones, Walking Dead, Breaking Bad etc), mais de s’inscrire sur la durée, spécificité du format sériel, pour développer un véritable univers fictif. Le spectateur attend cela. Il veut pouvoir se projeter dans un quotidien parallèle. J’ai souvent discuter de cette série avec des personnes qui ne comprenaient pas pourquoi une série si « réaliste » pouvait fasciner autant. Pour répondre à cela, je tenterai de différencier les spectateurs de séries. Pour certains, il est plus facile de se projeter dans une histoire proche du réel, qui fait écho à notre propre vie. Une manière pour eux de sublimer le réel à travers un récit fictif. D’autres préfèrent s’abandonner dans des récits fantastiques pour échapper au réel, une manière plus lyrique d’aborder la vie. Et d’autres aiment combiner ces deux formes de fictions, suivant leurs désirs et le rapport qu’ils entretiennent à leur quotidien à un certain moment. De nombreuses études tentent de définir qui est spectateur de séries, c’est un sujet devenu très en vogue dans le monde des chercheurs. Et à mon sens, une début de réponse se trouve dans la recherche de plaisir du spectateur. Les séries télévisées donnent un plaisir particulier, et différent de celui que procure le cinéma.

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Pour en revenir à nos gladiateurs… L’attente fut longue, mais quel plaisir de retrouver les petites habitudes de nos héroïnes préférées. Shonda Rhimes a su s’imposer sur la scène hollywoodienne en créant de nouvelles figures héroïques, qui renouvellent les traditionnels, et prévisibles, Marvel. Des femmes, belles, passionnées et déterminées, qui font bien comprendre à Batman et Superman qu’ils peuvent ranger leur costumes de carnaval. Ces femmes donnent tout ce qu’elles ont pour faire régner le Bien et la justice, dans un monde qui à trop longtemps été perverti par les agissements masculins. C’est une revanche féminine sur le mâle tout puissant et la discrimination envers les minorités. D’où l’appellation de gladiateurs, nom donné aux membres de l’équipe d’Olivia Pope dans Scandal. La série raconte l’histoire d’une quête, une recherche de bonheur qui semble inatteignable. C’est encore l’histoire d’un happy end qui, tout au long de la série, est questionné. Mais ici, les personnages sont trop gourmands, car il ne s’agit plus de vivre d’amour et d’eau fraîche, mais d’ajouter le grand amour à un dessein politique et social. Meredith (Ellen Pompeo), Olivia (Kerry Washington) et Annalise (Viola Davis) sont des déesses, agissant selon leur idée du Bien, mais surtout selon leurs envies. Elles ne sont pas toutes puissantes et impassibles face à leurs désirs, et cèdent souvent à eux dans un savoureux abandon interdit. La marque de fabrique de ces univers reste son approche des dialogues, caractérisés par un fort débit de discours, construits par des mots choisis et prononcés avec la plus juste des tournures. Cette recherche de perfection dans la parole semble accompagner le caractère décidé des personnages. Il faut que les choses soient bien dites, sinon il vaut mieux les taire.

Ces nouvelles saisons annoncent de nouvelles batailles à gagner, et toujours cette délicieuse rencontre avec l’éphémère et le hasard de la vie, qui s’écoulent au fil de la notre. On ne s’en lasse pas.

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