MASTERS OF SEX saison 3 : la mise à nu

Si la saison précédente était marquée par une stagnation scénaristique, la saison 3 de Masters of sex brille par ses rebondissements, et la clarté qu’elle pose enfin sur les agissements de personnages.

masters of sex s3

Loin de moi l’intention d’en dévoiler les secrets, je dirai simplement tout le plaisir que j’ai pris à regarder cette troisième saison qui, enfin, lève la plus grande des frustrations rencontrées au cours de la série. Le temps est venu, pour Bill Masters et Virginia Johnson, d’être dans l’action et d’honorer leurs théories en passant à la pratique. Il ne s’agit plus simplement d’une révolution sexuelle, mais sociale, dans laquelle les protagonistes font face à la vérité, et cessent de se terrer dans le mensonge d’une relation perverse. Cette fin de saison laisse tomber les masques et, dans le même temps, toutes les illusions du rêve américain, à présent brisé. Libby, la femme de Bill, incarne ce rêve américain brisé. Elle porte le monde sur ses épaules, prête à tous les sacrifices pour maintenir un fantasme collectif, dont la source est le foyer. Mais ce rêve brisé n’est pas synonyme de fin, de dépression ou de nostalgie. Il annonce un renouveau, une nouvelle ère (comme je le disais à propos de Downton Abbey), et une confiance dans les personnages, qui semblent maintenant capables d’y faire face. La saison met brillamment en perspective les agissements de Bill avec son passé traumatique, grâce à des procédés classiques mais efficace. Un flash-back déclenché par l’intervention d’un objet, des hallucinations et des rêves, en bref, la recette idéale et fine pour révéler l’intériorité d’un personnage de fiction, dans la veine d’une approche psychanalytique. Quant à Virginia, elle poursuit sa quête de bonheur et d’indépendance, fuyant avec détermination ce que la fanatique société lui impose. Le choix qu’elle fait à la fin de cette saison peut être contesté, mais je pense qu’il faut le voir comme la poursuite d’un rêve, un désir féminin du moment. Elle qui a tant travaillé, tant encaissé, elle mérite plus que n’importe quel personnage le bonheur qu’on lui offre.

Le dernier épisode scelle un chapitre magnifiquement mis en oeuvre, dont le rythme narratif rend justice au récit et au format sériel. Une fin de saison dans les règle de l’art, qui prend le temps de poser l’action tout en éveillant l’excitation spectatorielle.

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