L’HOMME IRRATIONNEL

Aller au cinéma pour voir un Woody Allen est devenu un choix aussi commun qu’il est original à chaque fois. Cette année, le cinéaste est de retour avec L’Homme irrationnel, une comédie dramatique (dans la lignée de Scoop) – nouveau guide spirituel du philosophe en herbe.

Pitch : Abe Lucas (Joaquin Phoenix) est un professeur de philosophie en pleine dépression, rythmant ses journées par l’ouverture de sa fiole de whisky, entre deux phrases cyniques sur la condition des Hommes. Lors de son affectation dans l’université d’une petite ville, il rencontre Jill (Emma Stone), étudiante pétillante et fascinée par la personnalité d’Abe.

l'homme irrationnel

Le début du film interroge quant au tournant qu’il va prendre. On a l’impression d’être devant la plus banale des comédies romantiques hollywoodiennes, avec comme seul point d’originalité (qui est également contestable) : le garçon n’a rien de charmant mais ressemble à un pauvre cynique bedonnant qui, pour donner du sens à sa vie, est capable de jouer à la roulette russe dans des soirées étudiantes. Un genre d’anti-héros, figure masculine qui n’a rien pour lui, si ce n’est un désespoir maladif, une forme de grande mélancolie. Evidemment, la douce et gentille jeune fille tombe amoureuse de lui, charmée par ce personnage torturé qu’elle désir sauver. Voilà une bien belle image clichée quand même… L’éternel schéma de l’homme perdu et de la femme prête à tout pour le sauver – un schéma dans lequel je doute que la plupart des femmes du 21ème siècle puisse encore se reconnaître. Est-il encore question de sauver les hommes aujourd’hui ? N’est-on pas fatigué de ce rôle mesdames ?

Heureusement, un retournement de situation me fait ravaler mes mauvaises pensées et laisse place à des frissonnements d’excitation spectatorielle. Une scène anodine dans un restaurant déclenche une seconde partie narrative, qui accélère le rythme du film et transforme la comédie romantique en un film de suspens inclassable. Le spectateur sait tout : ce que pensent les personnages, ce qu’ils désirent et ce qu’ils s’apprêtent à faire. Et, contrairement à ce qu’on pense, cette connaissance intégrale des personnages crée une tension et un malaise chez le spectateur, qui le tiennent en haleine jusqu’au dénouement.

Un Woody Allen traditionnel donc, qui mêle à une esthétique très classique, un récit rocambolesque, toujours à travers des thématiques phares de son oeuvre comme la mélancolie et les relations hommes/femmes. Pas de surprise, mais un bon moment de cinéma.

l'homme irrationnel 3

(Visuels © 2015 Gravier Productions, Inc.)

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