KNIGHT OF CUPS : la coupe est pleine

C’est l’histoire d’un homme qui erre…

knight of cups

Samedi soir, je me suis dis pourquoi pas… Pourquoi pas tenter un Terrence Malick. Qu’est-ce que je risque ? Et bien je vais vous le dire ce qu’on risque en allant voir Knight of cups : 2 heures d’emmerdements profonds. Oui, les images sont magnifiques, et la caméra se déplace dans un mouvement autonome et enivrant, offrant des effets visuels prodigieux. Oui, des choses sont dites et pensées – le film tient entièrement sur un semblant de réflexion philosophique sur notre condition de mortels vaniteux. Mais à quoi servent de pareils effets et de grands mots perdus dans un espace et une narration vide de sens, qui ne respecte aucune des trois règles dramatiques (unité de temps, lieu et action). On a beaucoup reproché cette remise en question des formes aux cinéastes de la Nouvelle Vague, maîtres dans l’art de faire des films où il ne se passe rien, mais où tout est dit. Même si leurs scénarios étaient décousus, un semblant d’unité et d’intérêt se dégageait de leurs films. Ici, la gloire esthétique tombe dans l’abîme, elle est vide de sens, semblable à une publicité pour parfum, pull en cachemire ou voiture de sport. Pas étonnant que Christian Bale, Cate Blanchett et Natalie Portman aient été choisis – il faut bien des sex-symbols pour nous faire tenir les 2 heures de film ! Mais qu’ils sont niais, enroulés dans leurs pulls en laine à sauter dans les vagues californiennes.

knight of cups

Tout s’explique lorsqu’on apprend qu’ils ont travaillé sans script… Je suis la première à dire qu’il est important de, sans cesse, réinventer la manière de faire du cinéma, mais l’idée de Knight of cups tient pour un court métrage, pas un long. C’est dommage parce qu’il y a de l’idée, il y a des motifs récurrents dans le film qu’il aurait été intéressant d’explorer davantage. Le film semble montrer tout ce qu’il n’y a pas dans un scénario traditionnel, ces moments de creux que les films mainstream s’entêtent à couper. Mais sans aucune narration, quel est l’intérêt esthétique et éthique de les montrer ? Un film ne peut pas tenir uniquement sur ces moments, et les spectateurs non plus d’ailleurs – nombreux sont ceux qui ont quitté la salle pendant la séance.  Parce que Rick à la place, Rick allongé sur des cailloux, Rick à l’aquarium, Rick à une fête… On a vite fait le tour.

knight of cups

Le plus décevant est de sortir d’une séance sans avoir ressenti la moindre émotion à travers un film, et d’avoir pu aisément décrocher de la fiction parce qu’une fille trop grande cachait la moitié de l’écran… Comme son script, le film ne dit rien. Il effleure la vie chaotique d’un écrivain perdu dans un Hollywood superficiel, le cœur qui balance entre les corps sublimes de créatures féminines. Il y a du désir, de l’amour, des regrets, du dégoût, bref un assortiment de sentiments que les personnages gardent pour eux avec égoïsme. Le spectateur, lui, est condamné à s’accrocher à l’écran dans une attente douloureuse, avec l’espoir vain d’une profondeur.

(Visuels ©Metropolitan FilmExport)

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