BANG GANG : sexe, drogue et vidéo

Bang Gang n’est assurément pas une histoire d’amour moderne, comme le prétend son sous-titre, néanmoins, le dernier film d’Eva Husson a le mérite d’ouvrir un dialogue intéressant sur le rapport à la sexualité des ados.

bang gang

Pitch : George (Marilyn Lima), irrésistible blonde de 16 ans, aime Alex, qui réussit à la mettre dans son lit en flattant son sex-appeal. Mal dans leur peau, et incapables de communiquer normalement, les deux ados se lancent dans des jeux malsains pour se provoquer, entraînant avec eux la moitié du lycée. Ainsi commencent les bang gang, après-midis où chacun se laisse aller à ses désirs les plus primaires, entre sexe, drogue et vidéo.

BangGang

On s’attend à voir du Larry Clark, complaisant et voyeur sur des rapports humains malsains, mais, heureusement, le film ne va pas jusque là. Si les personnages passent la majeure partie du film à poil, c’est sans doute une manière de faire dire par le corps ce qui ne peut être dit par la parole. On est là dans le tourment adolescent, la grande quête de soi et de son désir, l’éternelle période torturée et mélancolique qui a fait tant écrire les poètes. Mais c’est trop souvent le même schéma cliché qui revient : les ados, mal dans leur peau et incapables de communiquer entre eux ou avec leur famille, glissent sur les pentes savonneuses qui marquent les frontière du Bien et du Mal. C’est la pulsion de mort dans toute sa splendeur qui s’affiche à travers le jeu avec les limites. Ici, le corps n’a plus de valeur, l’image n’a plus de signification. On s’adonne à ses plaisirs d’un instant dans un jouissance complète et indifférente. Mais la réalité les rattrape, à coup de syphilis et grossesses non désirées, très classe ce côté 18ème…

BangGang

L’histoire est inspirée de faits réels et peut être considérée comme l’illustration d’un phénomène moderne, qui existe depuis l’apparition d’Internet. On sait que les adolescents font leur éducation sexuelle sur Internet car la parole est inexistante, à l’école ou à la maison. Mais on a laissé s’installer ces pratiques, faute de courage, faute d’avoir des couilles et de prendre la parole ! Néanmoins, je trouve ce genre de film très réducteur pour représenter la jeunesse, qui semble totalement perdue et livrée à elle-même dans un monde hostile. Un monde dans lequel l’histoire d’amour a lieu entre un garçon sage, dévoué et créatif et, disons le, une pute, qui se laisse prendre par tous les garçons du lycée en une après-midi. Mais quelle vision misogyne…! L’ado ne devrait pas être réduit encore, et toujours, à ses pulsions sexuelles et son acné. L’ado est un être en éveil, maladroit peut-être, mais authentique et pur. Il est une bombe sur le point d’exploser, traumatisé par l’image d’un monde qu’on lui a caché durant toute son enfance. Il est un espoir, l’avenir sans doute, non un fléau.

(Visuels ©Ad Vitam)

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