CINÉMA : THE ROOM

A un carrefour plutôt sombre de ma vie de cinéphile, je me suis retrouvée devant The Room, cultissime nanar. Et ce que j’ai vu dépasse mes préjugés les plus virulents car, depuis cette soirée, j’ai atteints une autre dimension, qui m’était inconnue jusque là, celle des nanars…


Pitch : Lisa et Johnny sont en couple depuis plusieurs années, et s’apprêtent à se marier. Mais Lisa s’ennuie, et décide de tromper son fiancé avec son meilleur ami (of course !).

À la manière d’une sitcom, la narration du film est entièrement organisée autour de scènettes qu’on pourrait ranger dans des catégories clichées comme « la scène d’amour », « confidences mère/fille », « confidence entre copines », « confidence entre hommes autour d’un ballon », « scène de bagarre » etc. Comme un puzzle, les scènes s’emboîtent et se répètent inlassablement. Celle qui restera gravée en moi est la scène avec le ballon, qui revient 3 ou 4 fois durant le film. C’est l’instant masculin dans toute sa splendeur, le moment où l’homme libère sa parole grâce au ballon, moteur d’un dialogue… J’adore cette profondeur !

Une profondeur permise par un jeu d’acteur sans pareil, porté par des pointures hollywoodiennes qui semblent coincés dans leurs propres corps, anesthésiés par le système mais, plus probable, par la prise de drogues dures en quantité abondante. L’icône de ce style de jeu est Tommy Wiseau, également réalisateur de ce chef d’oeuvre qui, malheureusement pour lui, se voulait vraiment l’être. Ainsi, toute l’histoire est organisée autour de dialogue vide qui se veulent profond, dans lesquels le rire niais de Johnny fait office de réponse à une révélation dramatique.

Outre le schéma narratif absurde, sorte de cauchemar sans fin dans lequel on est aspiré, et le talent d’acteurs écrasés par les anxiolytiques, l’apothéose réside dans la représentation de la femme que livre le film. On est pas dans la merde si un martien débarque et prend pour argent comptant ce qui est montré dans The Room ! Ici, la femme est une salope, nymphomane et manipulatrice, face à laquelle le destin d’hommes sensibles, forts et travailleurs est asservis. Sans emploi, elle passe les journées chez elle en robe de soirée et, ouvre la porte (et ses cuisses) au premier venu. Sa mère est, comme elle, rusée et manipulatrice, lui donnant des conseils inspirés par une haine des hommes et l’appât du gain. Face à Lisa, les hommes sont impuissants (enfin, c’est vite dit), et se laissent faire l’amour par elle – histoire de se déculpabiliser en se disant qu’ils n’ont « rien fait ». On est là dans un schéma misogyne sans pareil, qui ne sert même pas un pseudo-fantasme masculin, car les scènes d’amour sont à mourir d’ennui.

 

Quand un film est aussi mauvais, et construit à ce point sur des clichés narratifs et sociaux, on ne peut que l’aimer, malgré lui. Je vous invite donc à le découvrir sans plus attendre, pour passer dans l’autre dimension… Vite, vite, il me faut du Godaaaard !

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